10 janvier 2016

Publié le par djoupette

11h, Place de la République. Cérémonie en hommage aux victimes de l'attaque de Charlie Hebdo.

Sur Facebook, je me suis inscrite à une initiative intitulée "Liberté", lancée par un musicien que je ne connais pas : il s'agit de chanter le célèbre poème de Paul Eluard mis en musique par Francis Poulenc, un extrait d'une cantate pour double choeur écrite en 1943.

En ce dimanche matin, l'accès à la place est très difficile, les mesures de sécurité extrêmement stressantes.

Le chef de choeur nous a un peu manipulés : il nous a laissé entendre que nous allions chanter avec le choeur de l'Armée, nous croyons être programmés dans la cérémonie officielle sans trop bien comprendre car on n'a jamais répété !

Nous nous mettons en cercle, debout, et commençons à travailler. Nous enchaînons la pièce deux fois. A un moment donné, nuée de journalistes qui nous envahissent et rompent le cercle (je ne vois plus le chef de choeur) : je ne m'en apercevrai que plus tard, mais Anne Hidalgo s'est avancée vers nous et écoute, l'air ému.

Nous nous retrouvons à être interviewés par la télévision et la presse écrite. Le chef est tout content, il a réussi son coup (médiatique). Moi, je ne comprends pas trop où est Poulenc là-dedans...

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17h, Place de la République. Cérémonie d'hommage organisée par la Mairie de Paris.

Les mesures de sécurité si impressionnantes de la matinée ont totalement disparu, les gens se baladent librement sur la place. On respire, on se sent bien.

Je suis à nouveau interviewée, par la radio cette fois. Cela fait du bien de parler et je me dis : c'est beau, cette écoute, à la radio !

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Censure.

Notre chef de choeur du matin, venu de province (le grand Ouest) pour affirmer haut et fort son besoin de liberté dans un contexte qu'il ressent comme liberticide, a lâché cette petite phrase, sur Messenger : "Ah, c'est ballot, on a été censurés !!".

Pour moi qui suis parisienne et ai vécu à Paris le 13 novembre 2015, quand je lis ce message de la part d'un inconnu qui nous parle de chanter avec le choeur de l'Armée lors d'une cérémonie officielle, voyant le mot "censure", je le crois. Et cela m'inquiète beaucoup, évidemment.

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Je n'en dors pas de la nuit.

Je suis dans une phase de fragilité, suite aux attentats, au décès de mon père, du fait des difficultés rencontrées dans ma recherche d'emploi.

Le lendemain soir, je replonge dans le traitement.

Publié dans Introspection, Paris

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